Leçon d’histoire : Qu’est-ce qu’un fichier .odp ? Pourquoi PowerPoint l’ouvre mais les diapositives bougent
OpenDocument Presentation : le format ouvert de présentations né de StarImpress de StarOffice et d’OpenOffice.org Impress, devenu ISO/IEC 26300, et qui s’ouvre toujours dans PowerPoint avec thèmes, animations et polices discrètement traduits.

TL;DR
Un .odp est une présentation OpenDocument (OpenDocument Presentation) : un diaporama enregistré sous forme de texte XML dans un paquet ZIP. Il descend de StarImpress, le logiciel de présentation de la suite StarOffice de Star Division (fichiers binaires .sdd), et d’OpenOffice.org Impress, dont les paquets .sxi ont nourri le format OpenDocument. L’OASIS a approuvé ODF 1.0 le 1er mai 2005, et l’ISO et la CEI l’ont publié comme ISO/IEC 26300 le 30 novembre 2006. PowerPoint ouvre les fichiers .odp depuis 2009, mais il les traduit à l’entrée — c’est pourquoi thèmes, certaines animations et transitions, et polices peuvent différer de ce que voyait l’auteur.
Qu’est-ce qu’un fichier .odp ?
Un fichier .odp est le membre « présentation » du format OpenDocument (ODF), la norme ouverte des fichiers bureautiques qui couvre aussi les documents texte .odt, les classeurs .ods et les dessins .odg. C’est le format natif de diapositives de LibreOffice Impress et d’Apache OpenOffice Impress, Calligra Stage l’utilise aussi, et Microsoft PowerPoint peut l’ouvrir et l’enregistrer. Son type de média officiel est application/vnd.oasis.opendocument.presentation. Un modèle de présentation utilise .otp, et un .fodp est la variante « plate » : le même XML dans un seul fichier non compressé au lieu d’un ZIP.
Pourquoi PowerPoint l’ouvre-t-il, mais les diapositives sont-elles différentes ?
Parce que PowerPoint ne modifie pas OpenDocument directement. Il lit le paquet, transpose chaque diapositive, masque, forme et effet dans son propre modèle, et ne réécrit de l’OpenDocument qu’à l’enregistrement. La page d’assistance de Microsoft le dit franchement : une présentation OpenDocument ouverte dans PowerPoint « peut ne pas avoir la même mise en forme que dans l’application d’origine ». Son tableau indique que les thèmes ne sont pas pris en charge et que les masques, les dispositions et les espaces réservés ne le sont qu’en partie. Les animations d’entrée et de sortie qu’ODF ne sait pas exprimer deviennent un simple Apparaître ou Disparaître ; les animations de couleur et de mise à l’échelle, les sons d’animation et de transition, ainsi que les transitions Stores, Couper, Bandes, Peigne et Flash info ne sont pas pris en charge. Les en-têtes et pieds de page deviennent de simples zones de texte, les commentaires et l’Ajustement automatique ne sont pas pris en charge, et WordArt garde son texte et sa couleur de base mais perd ses effets.
Les polices font le reste. Une diapositive enregistre généralement le nom d’une police, pas la police elle-même. LibreOffice peut incorporer les polices dans une présentation, mais seulement si quelqu’un coche « Incorporer les polices dans le document » sous Fichier > Propriétés > Police, et les licences de police peuvent l’interdire. Quand le PC qui ouvre le fichier n’a pas une police, une remplaçante aux largeurs de lettres différentes prend sa place : un titre qui tenait sur une ligne passe sur deux, ou les puces débordent au bas de leur zone.
Répétez avec le diaporama converti, pas l’original
Un diaporama peut sembler correct en mode édition et perdre pourtant une transition, un son ou une étape d’animation en mode diaporama. Faites-le défiler entièrement une fois sur le PC qui servira à présenter, et corrigez polices et zones de texte qui débordent avant la réunion.
Années 1990–2002 : StarImpress, Sun et OpenOffice.org Impress
La famille commence avec Star Division, fondée en 1985 à Lunebourg, en Allemagne, par Marco Börries. Sa suite StarOffice s’est dotée d’un logiciel de présentation, StarImpress, à l’époque de StarOffice 3.x et 4.x ; le registre PRONOM des Archives nationales britanniques a des fiches pour les fichiers StarOffice Impress 3.x et 4.x, et un article de LinuxFocus de mai 1998 sur StarOffice 4.0 décrivait son outil de présentation comme semblable à PowerPoint. Ces diaporamas étaient des fichiers binaires ; StarImpress 5.x enregistrait des .sdd.
Sun Microsystems a racheté Star Division en août 1999 et annoncé le 19 juillet 2000 qu’il publierait le code source de StarOffice sous le nom d’OpenOffice.org, un projet qui coordonnerait aussi des formats de fichiers fondés sur XML. OpenOffice.org 1.0 est sorti le 1er mai 2002, et son Impress enregistrait des .sxi : un paquet ZIP de parties XML au lieu d’un fichier binaire. Cette conception de paquet est l’ancêtre direct du .odp — voir Leçon d’histoire : Qu’est-ce qu’un fichier .sxi ?.
2005 : OpenDocument devient une norme
Le paquet a été confié à l’OASIS, l’Organization for the Advancement of Structured Information Standards, un consortium à but non lucratif de normes techniques ouvertes. Son comité OpenDocument s’est réuni pour la première fois le 16 décembre 2002, et ODF 1.0 — dont les présentations sont l’un des types de documents — est devenu norme OASIS le 1er mai 2005. OpenOffice.org 2.0, sorti le 20 octobre 2005, a fait d’OpenDocument le format par défaut : Impress a commencé à enregistrer des .odp au lieu de .sxi. L’ISO et la CEI ont publié la norme sous le nom ISO/IEC 26300:2006 le 30 novembre 2006. D’autres versions ont suivi : ODF 1.1 en février 2007, ODF 1.2 en septembre 2011, ODF 1.3 en avril 2021 et ODF 1.4, approuvée le 6 octobre 2025.
Comment fonctionnent les octets : un ZIP de XML, un draw:page par diapositive
Ouvrez un .odp dans un éditeur hexadécimal : les deux premiers octets forment PK, la signature d’une archive ZIP. Les règles de paquetage d’ODF exigent qu’un petit fichier nommé mimetype vienne en premier, non compressé, et ne contienne que application/vnd.oasis.opendocument.presentation, pour que les logiciels reconnaissent le diaporama sans le décompresser. Viennent ensuite content.xml (les diapositives), styles.xml (masques et styles), meta.xml (auteur et dates), settings.xml et META-INF/manifest.xml, la liste de toutes les parties. Le XML, pour Extensible Markup Language, est du texte brut fait de balises. Les photos ne sont pas noyées dans le XML : LibreOffice les range comme fichiers séparés dans un dossier Pictures du paquet, et la norme demande un petit aperçu de la première diapositive dans Thumbnails/thumbnail.png.
Dans content.xml, un élément office:presentation contient un élément draw:page par diapositive, chacun avec un nom unique comme page1 et une référence à sa page maîtresse dans styles.xml. Ce préfixe draw: est un indice : la description de format de la Bibliothèque du Congrès note que chaque diapositive est, au fond, un dessin OpenDocument. Zones de texte, images et formes se placent sur la page sous forme de cadres ; les notes de l’orateur vivent dans un élément presentation:notes ; et les animations empruntent des éléments à SMIL, le Synchronized Multimedia Integration Language du W3C, sous les préfixes anim: et smil:. Chacune de ces pièces doit être transposée vers un équivalent PowerPoint quand le diaporama change de camp.
PowerPoint et OpenDocument, de 2009 à aujourd’hui
PowerPoint a reçu une prise en charge intégrée d’OpenDocument avec le Service Pack 2 de Microsoft Office 2007, publié le 28 avril 2009, qui lisait et écrivait ODF 1.1. La Bibliothèque du Congrès note qu’Office permet de modifier directement les présentations ODF 1.2 depuis Office 2013, et Office 2021 est passé à ODF 1.3. C’est une vraie prise en charge — la boîte Fichier > Ouvrir de PowerPoint a même un filtre Présentation OpenDocument — mais cela reste une traduction entre deux modèles différents de diapositive, pas un format natif partagé.
LibreOffice, gouvernements, et pourquoi des fichiers .odp dorment encore sur les disques en 2026
Oracle a racheté Sun en 2010. Le 28 septembre 2010, des développeurs de la communauté ont annoncé The Document Foundation et LibreOffice, dont Impress est un fork d’OpenOffice.org Impress, et le 1er juin 2011 Oracle a confié le code d’OpenOffice.org à l’Apache Software Foundation, qui héberge Apache OpenOffice. Les deux suites enregistrent toujours les nouveaux diaporamas en .odp par défaut. Les pouvoirs publics ont poussé le format : le Massachusetts a fixé une politique OpenDocument pour ses agences en septembre 2005, le gouvernement du Royaume-Uni a choisi ODF pour partager et coéditer des documents le 22 juillet 2014, et en mars 2026 le conseil de planification informatique allemand a inscrit ODF dans ses normes Deutschland-Stack.
Les diaporamas .odp s’accumulent donc partout où les suites gratuites sont le choix par défaut : ordinateurs d’écoles et d’universités, associations, paroisses et clubs, portables sous Linux, conférences et bureaux qui n’ont jamais acheté Microsoft Office. Beaucoup sont aujourd’hui des fichiers anciens : créés dans une suite qui n’est plus installée, composés dans des polices fournies seulement avec un vieux système, ou réclamés en .pptx par un collègue qui n’a jamais vu de fichier OpenDocument.
Quand il vous faut plutôt du PPTX ou du PDF
Renommer un .odp en .pptx ne sert à rien : les parties internes restent du XML OpenDocument, et le .pptx relève d’une autre norme, Office Open XML, publiée comme ISO/IEC 29500 en novembre 2008. Une vraie conversion lit les diapositives OpenDocument et écrit un nouveau fichier. Choisissez PPTX quand quelqu’un doit continuer à modifier dans PowerPoint, PDF quand les diapositives doivent s’afficher partout à l’identique ou être archivées, et HTML quand il suffit de les lire dans un navigateur. Puis faites défiler le résultat et vérifiez polices, animations, transitions et en-têtes ou pieds de page.
Legacy File Converter ouvre les présentations .odp et .fodp plates sur votre propre PC Windows et les enregistre en PPTX, PDF ou HTML — rien n’est envoyé en ligne, ce qui compte quand les diapositives contiennent des projets non publiés ou des travaux d’élèves. Pour la génération d’avant OpenDocument, voir Leçon d’histoire : Qu’est-ce qu’un fichier .sxi ? ; pour la lignée de PowerPoint lui-même, voir Leçon d’histoire : PowerPoint (.ppt) ; et pour le format de diapositives d’Apple, voir Leçon d’histoire : Qu’est-ce qu’un fichier .key ?.
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